Quand on parle de diagnostic du trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDA/H), on entend fréquemment ces termes « je vais passer des tests » ou « je vais me faire tester ». Toutefois, la réalité est (heureusement) plus complexe ; ici, je vous propose un petit guide de ce qu’implique exactement un diagnostic de TDA/H.
Le diagnostic de TDA/H est :
Clinique
En tant que neuropsychologue, dire d’un diagnostic qu’il est clinique sous-tend deux réalités.
La première est que l’identification du trouble passe par la récolte d’informations précises sur votre vie, vos difficultés actuelles, votre historique, les répercussions dont vous faites l’expérience. Cela requiert de passer du temps, parfois beaucoup, à explorer les différentes sphères de votre vie qui pourraient nous donner des indices sur la présence du trouble. Cette étape est essentielle ; elle passera forcément par des entretiens structurés et quelques questionnaires à compléter par vous et vos proches.
La deuxième est que l’objectif de l’identification est de faire écho à votre vécu, et vous permettre de ressortir de la démarche avec des informations précises sur votre mode de fonctionnement. Ces informations doivent être reliées à votre expérience et votre quotidien, et non être données comme des chiffres ou des données abstraites. Il peut être utile, pour vous ou pour les professionnels, de disposer de résultats à des « tests » (par exemple, des épreuves de vitesse de réaction ou tout autre fonction cogntive, des examens électrophysiologiques). Ceux-ci ne sont cependant ni certains ni suffisants pour poser un diagnostic, mais s’inscrivent dans une démarche globale.
Complexe
Tous les diagnostics en santé mentale sont complexes. Pour ce qui est du TDA/H, le diagnostic repose sur une analyse fine de tous les facteurs qui pourraient expliquer le symptôme dont vous faites l’expérience. Cela nécessite de prendre le temps de poser les bonnes questions, apposer la bonne analyse, et utiliser une variété d’outils pour parvenir à approcher la complexité de l’humain qui consulte.
Pluridisciplinaire
Le diagnostic complet du TDA/H se fait en collaboration entre les (neuro)psychologues et les psychiatres, ainsi que tout.e professionnel.le de la santé (mentale) qui vous encadre si nécessaire (potentiellement, un.e logopède, un médecin traitant, un.e ergothérapeute, etc.). Les psychologues (spécialisé.es en neuropsychologie) ne formuleront pas de diagnostics définitifs, mais prendront le temps de récolter les informations mentionnées ci-dessus. Les psychiatres posent les diagnostics sur base du travail des psychologues.
Long
Lorsqu’on dit d’un diagnostic qu’il est long, il faut comprendre plusieurs significations. Cela implique d’abord que les séances seront plutôt longues et qu’il y en aura plusieurs, afin de discuter ET d’observer les difficultés dont vous faites l’expérience, puis vous les restituer. En outre, au-delà de la phase d’évaluation effectuée en un temps T, le diagnostic et sa finesse pourront évoluer au cours de votre thérapie, traitements et difficultés. Cela ne signifie pas qu’un diagnostic initial sera faux, mais que le temps permettra de préciser les conclusions diagnostiques. Enfin, avoir un diagnostic de TDA/H ne fournit pas forcément réponse à tout, et le temps permettra de faire les bons liens entre les difficultés rencontrées et les explications trouvées au sein du trouble.
| Le diagnostic du TDA/H en bref : – Intervention de plusieurs professionnels dans la démarche (à minima, psychologue et psychiatre)- Utilisation de plusieurs outils choisis par les clinicien.nes (entretiens, questionnaires, tests neuropsychologiques et neurophysiologiques), dont les tests ne sont qu’une partie parfois nécessaire, jamais suffisante- Nécessité de s’approcher de la complexité de votre vécu et de vous fournir une compréhension précise du lien entre vos difficultés et votre diagnostic |